On devine ce qui nous ferait du bien mais…

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Une proposition de méthode pour (enfin) mettre à profit des packs déjà achetés… mais jamais faits. Et pourtant, on sait que ça nous ferait du bien, alors comment ménager un espace dans nos habitudes ?

Vous est-il arrivé d’acheter un super pack de Feldenkrais, plein ou pleine d’enthousiasme sur les sommets que vous allez atteindre grâce à cette pratique et puis… les fichiers restent sur votre disque dur pendant des mois et des années sans que vous n’ayez mis votre projet à exécution ?

Si oui, nous sommes pareils ! J’ai des centaines d’heures de pratique qui m’attendent et dont je dirais avec la plus grande conviction : « Ah, si je les faisais, ça me ferait le plus grand bien ! » Ce phénomène m’a conduit à m’intéresser depuis des années à deux thèmes passionnants : les habitudes et la procrastination.

Dans ce domaine, mon livre préféré est celui de James Clear, un Rien peut tout changer. Une raison pour laquelle ce livre me plaît est qu’il ne promeut pas l’absurde « Quand tu veux, tu peux ». En effet, celles et ceux qui disent cela entrent dans un bras de fer avec eux-mêmes, dont on peut se demander la raison.

Inversement, avec la tranquillité que l’on découvre en Feldenkrais, il est plus facile de sentir ce qui est aisé et ce qui rechigne à prendre une nouvelle habitude. Ceci est presque toujours très instructif et il est finalement très précieux de sentir ce qui freine pour renégocier notre façon de faire, un peu comme celui ou celle qui cherche pourquoi sa voiture est plus « lourde » que d’habitude quand le frein à main n’est pas totalement baissé. Ainsi, adoptons une attitude tranquille et une vision sur le long terme, nous verrons ce qu’il en sortira…

Une proposition de méthode pour glisser une bonne habitude dans le mois qui vient

Dans ce modeste article, je souhaite partager avec vous les détails de ce que je compte faire pour moi-même au mois d’août, que l’on appelle maintenant un « challenge ». Un challenge est ici l’ambition de réaliser un certain programme dans un temps donné ; pour ce qui me concerne, je compte faire le programme « douceurs pour le yeux » dans le courant du mois d’août, car la presbytie vient me taquiner. Si ça m’irrite d’écouter ma propre voix, je reprendrai les leçons de feu David Webber.

Peut-être que cela vous inspirera pour fabriquer votre propre challenge, avec vos propres ingrédients. Vous êtes prêt ou prête ? Voici les étapes que je propose ; d’abord je donne les grandes lignes, puis je donnerai la mise en pratique.

Préparation

  • faire simple : une attitude légère permet d’accéder à ce que l’on souhaite faire. Le contraire de cela est de se dire que c’est important, qu’il faut, que je dois, etc. Or ceci revient à se contracter tout entier avant de se mettre en mouvement, ce qui empêche le mouvement. Alors pour commencer, je cherche cette attitude légèrement joyeuse qui colorera ce challenge.
  • Choisir un petit cahier pour y consigner vos écrits (voir plus loin), réservé à votre challenge, avec un stylo ou crayon qui restera avec lui. De nouveau, on se rend les choses faciles.
  • Choisir ce que je souhaite améliorer et définir à quoi ressemble le succès dans cette entreprise : comme les voiliers, il nous faut un cap et des repères. En effet, deux écueils nous guettent sous les flots : la dispersion et l’insatisfaction. Si je ne sais pas où je veux aller, j’ai vite fait de tourner en rond. Si je ne sais pas si j’ai progressé, je perds des occasions de me « nourrir en route », quand j’ai constaté les bénéfices que je tire de ma démarche. Inversement, si je sais où je vais et que je constate régulièrement mes progrès, mon organisme développe un appétit et une joie, tel un enfant qui dit « Encore ! ».
  • Choisir un lieu de pratique et le rendre facile d’accès : souvent, surtout au début, notre action ressemble à un filet d’eau timide, que la moindre pente contraire détourne de son cours. En suivant la pensée chinoise, si on prépare le terrain correctement, le résultat est garanti, le filet d’eau ira naturellement là où rien ne l’empêche. Pour nous, si tout est prêt pour pratiquer, nous pourrons profiter du moindre souffle favorable et nous y mettre.
  • Choisir le matériel de pratique et le rendre tout aussi facile d’accès : de même, on diminue les risques de dispersion car il n’y a pas de marche à monter ; dès que je voudrai avancer j’aurai tout à portée de main.
  • Établir une durée et évaluer les moments de la journée ou de la semaine qui me semblent appropriés : ici, il n’est que trop fréquent de se mettre des plans impossibles et de se faire croire que l’on va déplacer des montagnes. Eh non, nous proposons de choisir un challenge tout à fait faisable ; pour autant que nous serions satisfaits de sa réalisation, il vaut mieux un objectif atteint qu’un objectif inatteignable.
  • A ce stade, on peut se demander si on a bien choisi son objectif et boucler un peu.

Mise en route

  • aller au tapis de temps en temps, même pour deux minutes. Nous sommes des êtres d’habitudes, et si notre nouvelle habitude était une personne qui souhaite entrer dans un restaurant, chez la plupart d’entre nous le restaurant affiche complet. Que fait-on alors ? Eh bien on s’assoit au bar, on prend un verre en attendant qu’une place se libère. L’équivalent lors de notre pratique est ce moment où nous sentirons qu’il devient aisé de ménager un moment dans la journée pour notre challenge, il se peut même que l’on sente une soif lorsque l’on n’a pas encore fait notre séance. C’est le signe que nous avons une vraie place dans le restaurant.
  • Préparer un petit calendrier : à chaque fois que vous allez sur le tapis, ne serait-ce que pour une minute, votre jour est « validé » et votre objectif est de ne pas briser la chaîne. Si un jour vous n’avez pas « réussi », marquez avec un symbole spécial et prenez quelques instants pour vous demander comment vous faciliter la tâche les jours prochains. Rien de grave mais on peut se demander ce qui s’est passé et comment améliorer le processus.
  • Imaginez tous les points de repère que vous souhaitez pour vous délecter de votre progression : nombre de minutes de pratique, mesure de votre amélioration (en rapport avec la problématique que vous avez choisie), etc. Des feuilles, des dessins, des photos, c’est le moment de laisser libre cours aux supports que vous aimez.
  • Si c’est possible, c’est encore plus facile si vous incluez une personne dans vos succès et difficultés : quand on sait qu’on a un regard (bienveillant de préférence !) sur ce que l’on est en train de faire, il est infiniment plus facile de suivre son chemin.

Et voilà, c’est parti pour votre challenge !

Avant de vous donner un exemple de mise en place en ce qui me concerne, voici donc le résumé :

Résumé

  1. faire simple
  2. Choisir un cahier et un stylo/crayon
  3. Choisir ce que vous souhaitez améliorer et définir à quoi ressemble le succès dans cette entreprise
  4. Choisir un lieu de pratique et le rendre facile d’accès
  5. Choisir le matériel de pratique et le rendre tout aussi facile d’accès
  6. Etablir une durée et évaluer les moments de la journée ou de la semaine qui vous semblent appropriés
  7. (optionnel) Se demander si on a bien choisi son objectif et boucler un peu
  8. Aller au tapis de temps en temps, même pour deux minutes
  9. Préparer un petit calendrier et utilisez la technique de la chaîne
  10. Vous délecter de votre progression en les matérialisant sur les supports que vous aimez
  11. (si possible) inclure une tierce personne dans vos difficultés et succès

En pratique : voici une petite galerie de photos pour vous montrer ce que j’ai fait pour moi-même, en espérant que cela vous inspirera pour votre propre challenge. Amusez-vous bien et donnons-nous des nouvelles !

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