Voici une proposition de traduction qui cherche à conserver le ton à la fois pragmatique, élégant et légèrement malicieux de l’original.


L’art de respirer

[Hors sujet, mais j’espère que cela pourra vous être utile]

La pleine conscience peut améliorer votre vie. Le calme et l’ancrage spirituel aussi. Mais ce billet ne traite pas de cela.

La respiration est un défi architectural et une nécessité chimique. Nous respirons environ 9 kilos d’air par jour (et si vous avez déjà essayé de peser de l’air, vous imaginez que cela représente un volume considérable). Pourquoi s’en préoccuper ?

Le corps est alimenté par une série de réactions chimiques dont la plupart exigent un équilibre précis entre l’oxygène et le dioxyde de carbone. Notre organisme est réglé avec une finesse extrême pour évaluer la quantité disponible de chacun, et il réagit en conséquence.

L’évolution nous a dotés d’un système particulièrement complexe pour ingérer l’air. Nous avons deux narines et une bouche. Grâce à la parole et à d’autres impératifs, la bouche est particulièrement adaptée aux inspirations et expirations rapides.

Et c’est bien là le problème.

La première leçon du livre de James Nestor est simple : fermez votre bouche.

Passez trois jours à ne respirer que par le nez. Même pendant vos séances de sport. Surtout pendant vos séances de sport. (Sauf pour la natation. J’ai essayé. Ça ne marche pas.)

Et envisagez de sceller légèrement votre bouche pour dormir. Juste un petit morceau de sparadrap d’environ un centimètre — juste au centre. Appliquez un peu de baume à lèvres au préalable pour éviter toute irritation. Ne le faites pas si vous souffrez d’apnée du sommeil ou d’autres troubles, ou si votre médecin vous le déconseille. C’est un tout petit morceau de ruban, facile à retirer.

C’est tout. Trois jours.

Nestor consacre des centaines de pages à expliquer une vaste gamme de bienfaits, s’appuyant sur des volumes de recherches évaluées par des pairs. Certains points sont peut-être un peu exagérés, d’autres sont surprenants, mais tout cela tombe sous le sens.

Pourtant, nul besoin d’un doctorat pour constater ce que l’on ressent après trois jours. C’est comme découvrir que l’on utilisait la mauvaise porte pour entrer et sortir de chez soi.

L’expérience fut si probante pour moi qu’elle méritait d’être partagée. Respirez par le nez ; par petites gorgées, pas à grands traits. Vous découvrirez peut-être que vous dormez mieux, que vous ronflez moins, que vous courez plus longtemps et que vous êtes moins stressé.

Personne ne me l’avait dit. Maintenant, nous savons.