Si vous lisez ces lignes, il y a des chances que vous ayez vécu les bienfaits de leçons de Feldenkrais. Alors quand une amie vous parle de ses douleurs au dos, il se peut que vous lui vantiez les mérites de tel ou tel geste. Car il y a des gestes qui semblent magiques quand, pendant une leçon, nous les avons faits et que nous avons découvert grâce à eux un bénéfice remarquable.
Mais qu’on y prête attention finement, et on se rend compte que ce n’est pas seulement la méthode — aussi géniale soit-elle — qui nous a fait du bien, il y a aussi cette subtile invitation à se raconter une histoire qui mène à du mieux. Dans notre pratique, on susurre des histoires où l’évolution est possible à tout âge, où patience et longueur de temps pour mieux que force ni que rage, et où l’aptitude se mesure en aisance plutôt qu’en mâchoires crispées.
C’est discret, mais ô combien important ! Peut-être l’avez vous remarqué pendant une leçon, on a souvent le choix de l’histoire que l’on se raconte. Par exemple, quand on fait une séance sur la respiration :
- on peut se dire qu’on en a bien besoin (tout le monde le dit) et qu’on risque tout un tas d’horreurs si on ne le fait pas, et puis on est nul, etc…
- ou bien on peut se dire qu’on est en train de passer un moment délicieux parce qu’on est le genre de personnes qui aime cultiver sa finesse de sensation,
- ou encore on peut poser une attention bienveillante sur l’orchestre qui joue à l’intérieur, quand une pression de la poitrine sur le sol répond à un mouvement du coude, entraînant tout le monde dans un mouvement global qu’il est plus facile de vivre que de décrire,
- ou bien d’autres possibilités.
Et alors, selon l’histoire que l’on s’est racontée, on n’en sortira pas pareil ou pareille… Ce moment de pratique peut nous « rappeler qu’on ne sait pas et qu’on est nul », ou au contraire que « nous sommes sur une progression remarquable et peu de gens en sont capables ». Même leçon, issue radicalement différente.
Toutes ces histoires sont disponibles, mais votre serviteur apporte modestement un biais : les principes de la méthode elle-même, les leçons choisies, la voix du praticien, le vocabulaire employé, l’attitude qui transparaît dans l’élocution, tout ceci va nous aider à changer de disque, ou renforcer une tendance que nous aimons et savons bénéfique. Mieux encore, on a toujours l’option de se raconter des histoires pas très sympa, mais cette fois on a une chance de les remarquer et de perturber un peu leur action si elles nous tracassent. En bref, un espace de choix s’ouvre.
Voici donc un nouveau jeu pour les séances à venir : parmi toutes les histoires que vous vous racontez, certaines sont plus bienveillantes que d’autres, alors laquelle choisiriez-vous aujourd’hui pour pratiquer ? 😊
Photo de Dimmis Vart sur Unsplash
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