Souffrir ou ne pas souffrir ? Telle est la question.

Depuis quelques mois, j’aide une jeune femme dans un projet qui lui tient à cœur : nager mieux, pour ne pas se faire mal et pour y trouver autant de plaisir (sinon plus) que dans d’autres activités physiques qu’elle a pratiquées. Pour notre plus grande satisfaction, ces temps-ci elle se régale dans l’eau et sent qu’elle remet en cause une façon de progresser qui passe par la douleur.

Cette question m’intéresse depuis bien longtemps ; par exemple, quand j’étais nageur adolescent, je me souviens avoir déjà remarqué à quel point les triathlètes venaient s’entraîner à la piscine avec cette ambition de « se faire mal ». Or je voyais bien qu’ils ne nageaient ni bien, ni vite, ce qui amenait une certaine perplexité chez moi. Depuis, la question a trouvé une profondeur différente grâce à ces centaines et ces milliers d’heures de Feldenkrais où l’on étend sa zone de confort plutôt que d’en sortir.

Quand des gestes deviennent ressource

Quelles sont les activités qui vous font du bien ? Je propose un indice : vous les faites avec aisance et vous y trouvez du plaisir. J’irais même plus loin : l’aisance et le plaisir vont main dans la main. Certaines personnes aiment marcher, d’autres nager, d’autres passent des heures en cuisine. Imagine-t-on ces gens fronçant les sourcils, les mâchoires serrées et exerçant tout leur courage à chaque mouvement, ou bien ondulant dans une respiration fluide, animés de gestes gracieux et légers ?

Évidemment, quand on progresse, il y a des moments où il faut gratter sous la surface et il y a parfois de la sueur sur notre front. Mais je crois vraiment qu’un repère trop peu utilisé est de viser l’aisance, que notre boussole doit pointer vers le geste délicieusement efficace. Quand on y goûte, souvent comme un cadeau inattendu, on s’offre un joli moment de vie, une respiration entre des gestes moins aisés.

Parfois je me demande si je devrais proposer une approche plus méthodique pour aller dans cette direction. Quitte à accepter les inévitables zones pénibles de notre vie, quid de faire en sorte que ce qui nous fait du bien soit profondément ressourçant ? Qu’une visite à la piscine soit plus qu’une « simple détente » mais qu’elle nous laisse avec cette sensation d’avoir nettoyé, adouci, assoupli, réoxygéné, réhydraté, que sais-je encore ?

Pour l’heure, le meilleur outil que je connaisse est d’aller au tapis et de glisser dans une bonne séance de Feldenkrais, mais peut-être avez-vous des recettes à suggérer, qui marchent merveilleusement pour vous ? 😊


Photo de Jeffrey Hamiltonsur Unsplash

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