Mieux que la méditation assise ?

Depuis longtemps, j’entends les méditants plus ou moins investis vanter les bénéfices qu’ils ont trouvés avec leur pratique quotidienne de la méditation. Si je les crois très volontiers, je dois reconnaître n’avoir jamais réussi à entreprendre une telle pratique. Sauf que… ce matin, j’ai repensé à eux parce que je faisais quelque chose de semblable, mais à base de Feldenkrais, et qu’il me semble que ça pourrait vous être utile.

Habituellement, avant de sortir de mon lit, j’aime jouer un peu : caresser les doigts et les phalanges (leçon no. 7 de la série sur la fluidité), ou bien presser délicatement sur le matelas (leçon no. 2 de la série sur la colonne vertébrale, ou mieux encore la leçon no. 5 de la série actuelle « libérer le souffle »). Et ce matin, j’ai trouvé encore mieux pour m’amuser avant de quitter mon lit : la leçon sur les différentes façons de faire passer l’air dans mes narines (leçon no. 8 de la même série, « libérer le souffle »).

En sentant de nombreux endroits se délier, déployer, libérer, respirer, j’ai pensé à tous ces gens qui méditent le matin et qui en trouvent une meilleure humeur pour leur journée. À l’heure où j’écris ces lignes, je me sens effectivement bien mieux que d’habitude et cette aisance m’a permis de faire un rangement maintes fois repoussé, comme si les endroits qui freinaient étaient devenus glissants. Les sensations au fil de la journée le confirment : c’était une bonne idée de prendre ce temps le matin.

« Il faut le répéter souvent ? »

Ce bénéfice vient du fait que j’ai recommencé un bout de leçon. Or, quand on commence la pratique de Feldenkrais, une bonne question est bien celle-ci : faut-il refaire les leçons dont on a senti qu’elles nous avaient fait du bien ? En général, je réponds qu’une leçon ressemble à un cours de piano, qu’il y aura des moments de pratique et d’étude entre deux cours, que le cours nourrit une progression au long cours.

Je me rends bien compte que ce n’est pas très satisfaisant quand on rêve de baguettes magiques et de transformations immédiates. Mais les faits sont têtus : notre organisme est un système qui ne change pas d’un seul coup. C’est une bonne chose, quand on y pense, sinon on serait perdu au milieu d’un monde intérieur imprévisible ; mais ça veut aussi dire que le souhait d’évoluer va imposer des pichenettes répétées et patientes en attendant que l’organisme adopte une nouvelle trajectoire.

Alors voilà : oui, il faut répéter tranquillement ce qui nous a interpellé pendant les leçons faites. On peut reprendre un enregistrement et s’offrir une petite heure à visiter de nouvelles possibilités et sensations, ou bien on peut simplement s’allonger sur son lit et revisiter comment le corps répond à de subtiles variations sur les narines.

Dans un cas comme dans l’autre, on a une pratique qui vaut les meilleures méditations, et on colore la journée à venir avec une teinte sympathique et curieuse. Comme un instrument qu’on a pris le temps de chouchouter avant de jouer, la musique à venir n’en sera que plus belle (j’avais envie de dire timbrée, mais ça ne marche pas trop bien pour dire que le timbre est riche 😇).

Qui sait si on ne deviendrait pas accro à ce moment délicat qui démarre une journée ? Je vous le souhaite ! 😊

Photo de Lukas Batosur Unsplash


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